Personne n’aime nettoyer ses volets roulants. Personne. C’est la corvée qu’on repousse au printemps suivant, puis à l’automne, puis à l’année d’après — jusqu’au jour où les lames sont grises, les coulisses pleines de débris et le volet qui remonte de travers en couinant. La bonne nouvelle : bien organisé, ce chantier redouté prend une petite demi-heure par volet, avec ce que vous avez déjà sous l’évier.
Le volet qui m’a forcé la main
Chez moi, c’est celui de la cuisine qui a donné le signal. Il remontait par à-coups, s’arrêtait aux trois quarts, repartait en grognant. J’imaginais déjà la facture du réparateur. En démontant l’affaire de plus près, j’ai découvert le vrai coupable : deux coulisses transformées en gouttières à poussière, avec feuilles mortes, toiles d’araignée et une pâte grise collée par des années de pluie. Trente minutes de nettoyage plus tard, le volet glissait comme au premier jour. Depuis, je m’y tiens deux fois par an, et je n’ai jamais rappelé le réparateur.
Ce qu’il vous faut (tout est déjà chez vous)
- un seau d’eau tiède avec 2 cuillères à soupe de savon noir (ou de liquide vaisselle, à défaut) ;
- une brosse souple ou un balai-brosse à poils doux ;
- une vieille chaussette en microfibre ou en éponge, à enfiler sur la main ;
- l’aspirateur avec son embout brosse ;
- un vieux pinceau plat pour les coulisses ;
- un escabeau stable et un chiffon sec.
Comptez moins de 1 € de produit pour toute la maison. Les sprays « spécial volets » du commerce ne font rien de plus, à 6 ou 7 € le flacon.

La méthode, de haut en bas
- Dépoussiérez à sec d’abord. Volet baissé, lames entrouvertes, passez l’aspirateur ou la brosse sèche sur toute la surface. Laver directement une lame poussiéreuse, c’est étaler de la boue.
- Fermez complètement le volet et lavez à l’eau savonneuse, du haut vers le bas, en insistant dans les creux entre les lames. La chaussette enfilée sur la main épouse les reliefs bien mieux qu’une éponge.
- Rincez à l’eau claire, avec une éponge bien essorée ou un arrosoir à pomme fine. Jamais de jet puissant : l’eau s’infiltrerait dans le caisson.
- Séchez les lames du bas, là où l’eau s’accumule, puis remontez le volet à moitié pour finir la face intérieure si elle est accessible.
Un détail qui change tout : évitez le plein soleil, qui sèche l’eau savonneuse avant le rinçage et laisse des traînées — exactement comme pour les vitres. Choisissez un ciel couvert ou la fraîcheur du matin.
Les coulisses, le vrai nid à poussière
C’est là que se joue la longévité du volet, et c’est la partie que tout le monde saute. Passez l’embout fin de l’aspirateur dans chaque rail, du haut vers le bas. Délogez ce qui reste avec le vieux pinceau, puis essuyez l’intérieur du rail avec la chaussette humide. Terminez, une fois le rail bien sec, par un lubrifiant en spray au silicone (environ 6 € en magasin de bricolage, il durera des années). Surtout pas d’huile ni de graisse : elles retiennent la poussière et fabriquent en quelques mois la pâte grise dont je vous parlais plus haut.

Persiennes : la chaussette encore, et une pince
Pour les persiennes à lames fixes, le principe est le même, en plus minutieux. La chaussette humide glissée entre les lames fait l’essentiel. Pour les interstices étroits, enroulez un chiffon autour d’une spatule en bois ou d’une grande pince de cuisine : vous atteindrez le fond sans vous tordre les doigts. Sur des persiennes en bois peint, essorez fort — le bois n’aime pas l’eau qui stagne — et séchez dans la foulée.
Deux rendez-vous par an, pas plus
Inutile d’en faire une affaire mensuelle. Deux passages suffisent : un au printemps, quand les pollens ont fini de tout jaunir, un en fin d’automne, après la chute des feuilles. Une fois le premier grand nettoyage fait, chaque volet se traite en un quart d’heure.
Un mot sur les volets à sangle, encore nombreux dans les maisons anciennes : profitez du passage d’automne pour examiner la toile. Une sangle qui s’effiloche sur les bords se remplace pour 5 € et dix minutes de tournevis ; attendue trop longtemps, elle casse un matin de janvier, volet baissé, et là c’est une autre histoire. Sur un volet électrique, coupez simplement l’alimentation avant de travailler dans les coulisses, on n’est jamais trop prudent.
Trois erreurs condamnent les volets plus sûrement que la saleté : le nettoyeur haute pression, qui déforme les lames en PVC et chasse l’eau dans le caisson et le moteur ; les poudres à récurer et éponges grattantes, qui rayent le PVC et ternissent l’aluminium laqué ; et la javel sur un tablier de couleur, qui laisse des marques claires définitives. Vous trouverez d’autres chantiers du même genre, saison par saison, dans la rubrique maison et ménage.
La petite astuce bonus avant de ranger l’escabeau
Un volet en PVC blanc qui a jauni ne redeviendra pas neuf, soyons honnêtes : le jaunissement en profondeur est une usure du plastique, aucun produit miracle n’y changera rien. Mais s’il s’agit d’un simple voile grisâtre, une pâte de bicarbonate et d’eau, appliquée à l’éponge douce puis rincée, ravive nettement la teinte. Testez toujours sur un coin discret, en bas du tablier, avant de traiter toute la surface. Et pendant que l’escabeau est encore déplié, offrez un coup de chaussette aux appuis de fenêtre : deux corvées repoussées d’un coup, voilà une bonne journée.
