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Économies & Anti-gaspillage

Emballages cadeaux : beaux, gratuits, réutilisables

Cadeaux emballés en furoshiki de tissu et en papier kraft décoré de ficelle et d'orange séchée

Faites le compte : entre 3 et 6 € le rouleau de papier cadeau, deux ou trois rouleaux pour les fêtes, quelques-uns de plus au fil des anniversaires, le bolduc, les étiquettes… Une famille ordinaire laisse 25 à 40 € par an dans de l’emballage — c’est-à-dire dans quelque chose qui vit dix secondes entre deux mains impatientes avant de finir en boule dans un sac-poubelle. Cerise sur le paquet : les papiers métallisés et pailletés, les plus chers du rayon, ne se recyclent même pas.

Depuis quelques années, je n’achète plus un centimètre de papier cadeau. Mes paquets n’ont jamais reçu autant de compliments, et voici comment tout a commencé.

L’année où le rouleau est resté introuvable

Une veille de réveillon, tous les cadeaux achetés, plus un magasin d’ouvert — et pas le moindre bout de papier dans le placard. Dans mon armoire, en revanche : une pile de foulards chinés, des torchons neufs jamais sortis de leur pli, et un vieux drap fleuri hérité de ma grand-mère Jeanne, trop usé au centre pour servir encore, mais aux bordures magnifiques. J’ai taillé des carrés, noué tant bien que mal, et posé sous le sapin des paquets en tissu à défaut de mieux.

Résultat inattendu : personne n’a parlé des cadeaux, tout le monde a parlé des paquets. Ma belle-sœur a défait le sien avec des précautions d’archiviste pour récupérer le foulard. C’est ce soir-là que j’ai compris que l’emballage n’était pas un consommable, mais un objet — et qu’un objet, ça se garde et ça ressert.

La méthode, premier pilier : le furoshiki, en quatre plis

Le nouage de tissu que j’avais improvisé porte un nom japonais, le furoshiki, et une technique de base qui s’apprend en cinq minutes :

  1. Prenez un carré de tissu : 50 x 50 cm pour un livre, 70 x 70 cm pour une boîte à chaussures. Posez-le à plat, motif dessous, et placez l’objet au centre, en diagonale.
  2. Rabattez deux coins opposés sur l’objet, l’un après l’autre, en glissant le second sous l’objet ou en le bordant bien.
  3. Remontez les deux coins restants et nouez-les entre eux d’un double nœud, bien serré.
  4. Ajustez les plis, gonflez le nœud : il sert de poignée et remplace le ruban.
Boîte cadeau nouée dans un carré de tissu fleuri selon la technique du furoshiki
Objet au centre en diagonale, deux coins rabattus, deux coins noués : le nœud sert de poignée et remplace le ruban.

Vos premiers essais seront un peu de guingois, les miens l’étaient franchement. Le geste vient au troisième paquet. Côté matière, tout carré de tissu fait l’affaire : foulards de brocante à 1 ou 2 €, torchons (qui deviennent un second cadeau), serviettes, chutes de couture ourlées en cinq minutes. Évitez seulement la soie très glissante pour débuter : les nœuds se défont.

Deuxième pilier : le papier qui ne coûte presque rien

Pour ceux qui tiennent au plaisir de déchirer, il y a le kraft : 2 à 3 € les dix mètres, solide, et d’une élégance folle dès qu’on le personnalise. Mes trois décors favoris : le tampon en pomme de terre trempé dans un reste de peinture (une étoile, un sapin, un cœur — gravés au couteau en deux minutes), les empreintes de feuilles passées au rouleau encreur, et le trio ficelle de cuisine, brin de romarin, rondelle d’orange séchée pour les paquets d’hiver.

Paquets en kraft décorés au tampon en pomme de terre, ficelle, romarin et orange séchée
Dix mètres de kraft pour 2 à 3 €, un tampon gravé dans une pomme de terre : le décor ne coûte rien.

Le papier journal, lui, est ma botte secrète pour les paquets qui ont de l’esprit : la page des mots croisés pour l’amateur de grilles, les pages saumon du journal économique pour le beau-frère banquier, une partition chinée pour la musicienne. Nouez de ficelle rouge, glissez une branche de sapin : le contraste fait tout le chic. Et remplacez le ruban adhésif par la ficelle chaque fois que possible — un kraft non scotché se défroisse d’un coup de main et ressert deux ou trois fois.

Troisième pilier : la réserve permanente

Le vrai secret des paquets gratuits, c’est une boîte. La mienne vit en haut de l’armoire et se remplit toute l’année : rubans récupérés sur les paquets reçus et repassés à fer doux entre deux torchons, beaux papiers défroissés et pliés, cordelettes, boîtes à chaussures recouvertes de tissu collé qui deviennent des écrins réutilisables d’année en année. Les bocaux y ont leur place aussi : remplis de sablés ou d’un caramel maison, ils sont l’emballage et le cadeau à la fois — j’en parle longuement dans mes cadeaux faits maison.

Deux pensionnaires de plus dans cette boîte : les pochons et les dessins d’enfants. Le pochon — un simple rectangle de tissu plié en deux, cousu sur deux côtés, fermé d’un lien coulissé ou d’une ficelle — avale en dix minutes de couture tout ce qui se noue mal : savons, bijoux, chocolats, petits objets biscornus. Quant aux dessins des petits, grands formats à la peinture ou gribouillages au feutre, ils font les plus beaux papiers du monde pour les cadeaux aux grands-parents ; aucun kraft décoré ne rivalisera jamais avec un mammouth violet dessiné par son petit-fils.

Ce réflexe d’écureuil rejoint tout ce que je défends dans la rubrique économies et anti-gaspillage : presque rien de ce qui entre dans une maison n’est bon à jeter au premier usage. Draps, boîtes, bocaux… si le sujet vous amuse, mon article sur la seconde vie des objets en est plein.

Ce qui coince, honnêtement

Tout n’est pas idyllique, autant le dire. Les grands cadeaux mous — le plaid, la peluche géante — se nouent mal : prévoyez un très grand tissu ou rabattez-vous sur un sac en kraft réutilisé. Le tissu, il faut décider d’avance s’il fait partie du cadeau ou s’il vous revient ; dans ma famille, la règle est désormais connue, les furoshikis de Noël circulent de paquet en paquet depuis des années, et repérer « le tissu aux oiseaux » sous le sapin est devenu un petit jeu. Enfin, oui, emballer ainsi prend cinq minutes de plus par paquet. Je les compte comme du plaisir, pas comme du travail — mais les soirs de 23 décembre, le kraft et la ficelle vont plus vite que les nœuds.

Vos questions, mes réponses en bref

Où trouver des tissus pour trois fois rien ? Ressourceries et braderies : les foulards y partent à 1 ou 2 €, les draps anciens au poids. Un seul drap donne une bonne douzaine de carrés à ourler.

Et pour un cadeau très chic, un mariage ? Un tissu uni épais — lin, coton lourd — noué serré, avec un ruban de satin repassé et un brin d’eucalyptus glissé dans le nœud. Sobre, somptueux, et personne ne devine que l’ensemble a coûté moins de 3 €.

Le journal, ce n’est pas un peu triste ? Tout est dans le choix de la page et dans la finition. Une belle typographie, une ficelle colorée, une étiquette écrite à la main : c’est le paquet dont on parle à table.

Combien j’économise, au bout du compte ? Une trentaine d’euros par an chez moi, la boîte à rubans étant devenue autosuffisante. Et un sac-poubelle de moins chaque 25 décembre au matin, ce qui n’a pas de prix.

Portrait de Colette Marchand
L'autrice
Colette Marchand

Passionnée d'astuces de grand-mère depuis toujours, Colette a grandi entre les bocaux de conserves de sa grand-mère Jeanne et le savon de Marseille de sa maman. Depuis plus de quarante ans, elle teste, note et peaufine les trucs du quotidien qui marchent vraiment : ménage au naturel, cuisine anti-gaspillage, jardin nourricier et petites économies pleines de bon sens. Sur Astuces Trucs, elle ouvre son carnet de famille et le complète au fil de ses essais — une astuce à la fois, toujours vérifiée dans sa propre maison.

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