247 euros. C’est la somme exacte que j’avais dépensée en produits ménagers sur une année, la fois où j’ai eu la curiosité de garder tous mes tickets de caisse dans une enveloppe. Sprays multi-usages, nettoyant salle de bain, produit pour les sols, lessive, adoucissant, tablettes en tout genre : le total m’a fait froid dans le dos.
L’année suivante, je suis passée au fait-maison pour l’essentiel du ménage. Nouvelle enveloppe, nouveaux tickets : 78 euros, en comptant les vaporisateurs et deux ou trois achats ratés. Depuis, je tourne autour de 60 euros par an pour toute la maison.
Mais je me méfie des promesses mirobolantes qu’on lit ici et là. Alors posons le calcul honnêtement : ce que coûte le panier de départ, ce que rapportent les recettes, le temps que ça prend réellement, et ce qu’il vaut mieux continuer d’acheter parce que les versions maison déçoivent.
Le panier de départ : comptez 25 à 30 euros
- Vinaigre blanc : environ 0,80 € le litre. La base de presque tout.
- Bicarbonate de soude : 3 à 4 € le kilo en grande surface.
- Savon noir liquide : 5 à 7 € le litre, et il en faut très peu à chaque fois.
- Savon de Marseille : 4 à 6 € le cube de 300 g, qui dure des mois.
- Cristaux de soude : environ 3 € le kilo, pour le très encrassé.
- Deux vaporisateurs et quelques chiffons microfibre : une dizaine d’euros, réutilisables pendant des années.
Ce panier couvre quatre à six mois de ménage pour un foyer moyen. Tout se trouve en grande surface au rayon entretien, en droguerie ou en magasin bio. La droguerie est d’ailleurs souvent la moins chère des trois, contrairement à sa réputation. Et dès que vous êtes sûre de vos recettes, passez aux grands formats : le bidon de cinq litres de vinaigre et le sac de bicarbonate divisent encore les prix par deux.
Trois recettes qui couvrent 90 % du ménage
Le spray multi-usage. Dans un vaporisateur : 50 cl d’eau, 25 cl de vinaigre blanc. C’est tout. Il nettoie plans de travail, éviers, robinetterie, tables et poignées de porte. Le vinaigre méritait un article à lui seul, et ça tombe bien, je lui en ai consacré un, avec les surfaces à éviter. Coût de revient : environ 30 centimes le flacon, contre 2,50 à 3,50 € pour l’équivalent du commerce.
La crème à récurer. Dans un bol : 3 cuillères à soupe de bicarbonate, 1 cuillère à soupe de savon noir, un filet d’eau pour obtenir une pâte souple. Elle vient à bout des éviers ternis, des fonds de casseroles et de la baignoire. Préparez-la au moment de l’emploi, la pâte sèche en quelques jours.
Le nettoyant pour les sols. 2 cuillères à soupe de savon noir dans un seau d’eau chaude. Carrelage, tomettes, lino : tout y passe, et la maison sent le propre d’antan, pas le pin de synthèse.

Le calcul honnête, poste par poste
Reprenons mes tickets et comparons sur une année, pour un foyer de deux à quatre personnes qui fait le ménage normalement, sans obsession particulière.
- Sprays et nettoyants divers : 60 à 80 € en produits du commerce, contre 8 à 10 € en version maison.
- Produit pour les sols : 25 à 35 €, contre 6 à 8 € de savon noir.
- Lessive : 90 à 120 € en bidons, contre 20 à 25 € pour ma lessive au savon de Marseille.
- Adoucissant : 20 à 30 €, contre à peu près 4 € de vinaigre blanc.
Économie réaliste : 150 à 200 euros par an. Pas les 500 euros que promettent certains magazines, sauf à avoir eu la gâchette très facile au rayon entretien. Mais 150 euros qui reviennent chaque année sans effort particulier, ce n’est pas rien.
Ce que je ne fabrique plus (parce que ça déçoit)
La crédibilité passe par les aveux, alors voici mes renoncements :
- Le liquide vaisselle maison : texture d’eau, mousse fuyante, dégraissage médiocre. Aucune des cinq recettes essayées ne tient la comparaison. J’achète désormais un liquide vaisselle simple, et voilà.
- Les tablettes lave-vaisselle maison : verres voilés de blanc, vaisselle terne au bout de quelques semaines. Le mélange acide citrique et cristaux paraît malin sur le papier, le résultat ne suit pas dans la machine.
- Le « désinfectant maison » : méfiance avec ce mot. Les recettes maison nettoient très bien, mais aucune n’est un désinfectant homologué. Quand une vraie désinfection s’impose, j’utilise un produit prévu pour ça.

Le temps que ça prend vraiment
C’est l’objection classique, alors chronomètre en main : remplir un spray, deux minutes. Une crème à récurer, trois minutes. Ma lessive du mois, un quart d’heure en comptant la vaisselle du matériel. Au total, une vingtaine de minutes par mois. Ma toute première lessive, je l’avoue, avait figé en un bloc compact digne d’un flan raté ; depuis que j’ai la bonne recette, l’affaire est pliée pendant que le café passe.
Et j’y ai gagné une chose inattendue : je ne traîne plus au rayon entretien à comparer des étiquettes illisibles. Le temps de courses économisé compense largement le temps de préparation.
Par où commencer sans se décourager
- Commencez par le spray multi-usage : deux ingrédients, deux minutes, effet immédiat sur le moral et le porte-monnaie.
- Ne jetez rien : remplacez chaque produit du commerce au moment où il se termine, pas avant.
- Étiquetez vos flacons au marqueur, contenu et dosage compris. Le futur vous dira merci.
- Notez vos recettes et vos ajustements dans un carnet. Les dosages s’oublient vite.
Vous trouverez d’autres pistes pour alléger les factures dans ma rubrique économies et anti-gaspillage.
Trois questions avant de vous lancer
Les produits maison nettoient-ils aussi bien ?
Pour l’entretien courant, oui, sans réserve. Pour les situations extrêmes, four très encrassé ou moisissures installées, il faut des recettes renforcées ou un produit spécialisé.
Les huiles essentielles sont-elles indispensables ?
Non. Elles parfument, rien de plus. Des écorces d’agrumes macérées deux semaines dans le vinaigre donnent un parfum gratuit et très agréable.
Combien de temps se gardent les préparations ?
Le spray au vinaigre, plusieurs mois. Les mélanges à base de savon, deux à trois semaines. Les pâtes et crèmes, quelques jours : préparez-les en petite quantité.
