4,99 € pour un stockage photo. 2,99 € pour une application de méditation utilisée trois fois. 9,90 € pour une salle de sport dont j’ai perdu le badge. 6,99 € pour une chaîne que je regardais l’hiver dernier. Additionnez : 24,87 € par mois, soit 298 € sur l’année. Aucune de ces lignes ne m’avait jamais alertée, parce qu’aucune ne dépasse dix euros.
C’est exactement le principe. Un prélèvement de 200 € se remarque et se discute ; un prélèvement de 3,99 € se fond dans le décor pendant des années. Voici la méthode que j’applique une fois par an, un soir, avec un surligneur et un carnet.
1. Sortez trois mois de relevés, pas un seul
Un mois ne suffit pas : les abonnements annuels, trimestriels ou saisonniers passeraient à travers les mailles. Imprimez trois relevés consécutifs, ou exportez-les en tableau depuis votre banque. Et si vous avez un deuxième compte, une carte adossée à un compte joint ou un compte de paiement en ligne, sortez-les aussi — c’est souvent là que dorment les oubliés.
Puis surlignez toute ligne qui revient à date fixe. Toutes, sans réfléchir, sans juger. Le tri vient après.
2. Traquez les fantômes : les lignes que vous ne reconnaissez pas
Il y en a presque toujours une. Un libellé obscur, un nom de société de facturation qui ne dit rien, un montant modeste. Tapez le libellé exact dans un moteur de recherche : neuf fois sur dix, vous tombez sur le service concerné.
Les classiques du genre : un essai gratuit transformé en abonnement il y a deux ans, une assurance de téléphone souscrite en magasin, une option « confort » ajoutée à un contrat, un antivirus reconduit automatiquement. Si vraiment vous ne trouvez pas, votre banque peut vous donner le bénéficiaire complet du prélèvement.
3. Repérez les doublons
Trois plateformes de streaming vidéo pour un foyer qui regarde deux séries par an. Un stockage en ligne payant alors que l’offre gratuite d’un autre compte suffit largement. Deux abonnements musique parce que chacun a pris le sien. Une assurance mobile qui fait doublon avec la garantie de la carte bancaire.
Le doublon, c’est l’économie la plus facile à faire : vous ne renoncez à aucun usage, vous supprimez simplement la redondance.

4. Faites parler les tout petits montants
Prenez chaque ligne à moins de 5 € et multipliez-la par douze. Une application à 2,49 € par mois, c’est 29,88 € par an. Trois applications comme celle-là, c’est un plein de courses. Posez-vous une question unique et un peu brutale : est-ce que je l’ai utilisée dans les trente derniers jours ?
Si la réponse est non deux fois de suite — donc deux mois d’affilée —, c’est réglé. On résilie. On peut toujours se réabonner, et c’est rarement ce qui arrive.
5. Résiliez sans vous faire retenir
La résiliation en ligne est devenue obligatoire pour les contrats souscrits sur internet : le bouton existe, il est parfois enterré à trois niveaux dans les paramètres du compte. Cherchez « gérer l’abonnement », puis « annuler le renouvellement ».
- Notez la date d’échéance avant de cliquer : certains services vous laissent profiter de la période déjà payée, d’autres coupent immédiatement.
- Refusez la contre-offre du type « trois mois à moitié prix ». C’est le piège classique : au bout de trois mois, le plein tarif revient et vous avez oublié de repasser.
- Gardez une preuve : capture d’écran de la confirmation, ou mail d’accusé de réception rangé dans un dossier dédié.
- Ne bloquez jamais le prélèvement à la banque sans avoir résilié auprès du prestataire : la dette continue de courir de son côté.
- Pour un abonnement papier ou en salle, un courrier recommandé reste la solution la plus sûre — et le préavis est souvent d’un ou deux mois.
6. Ce qu’on remplace par du gratuit, ce qu’on garde
Tout n’est pas à couper, et je me méfie des conseils qui invitent à tout supprimer. Un abonnement utilisé quatre fois par semaine vaut son prix ; le journal que vous lisez vraiment, aussi.
En revanche, beaucoup de services payants ont une doublure gratuite très correcte. La médiathèque municipale prête films, musique, magazines et livres numériques, souvent pour moins de 20 € l’année. Une suite bureautique en ligne remplace un logiciel loué au mois. Une simple sauvegarde sur disque dur externe, acheté une fois, dispense d’un stockage en ligne payé à vie. Et le cours de gym du club municipal coûte le tiers de la salle privée.
Le calcul sur l’année, celui qui décide
Reprenez votre carnet et faites deux colonnes : ce que vous gardez, ce que vous coupez. Additionnez la colonne de droite, multipliez par douze. C’est votre gain annuel, et c’est en général entre 150 et 400 € pour un foyer qui n’avait jamais fait le tri.
Ne laissez pas cette somme se dissoudre dans le compte courant : c’est exactement ainsi qu’elle disparaît. Programmez un virement automatique du montant récupéré vers un livret, le lendemain du jour de paie. Si vous fonctionnez mieux avec du concret, la méthode des enveloppes convient parfaitement à ce genre de somme retrouvée. Et pour continuer sur les postes qui pèsent vraiment, il y a tout le chapitre électricité et le reste de la rubrique économies.
Une dernière chose, et elle vaut de l’or : notez sur la première page de votre agenda la date à laquelle vous refaites l’opération. Douze mois plus tard, jour pour jour. Les abonnements repoussent comme le chiendent — un essai gratuit par-ci, une option par-là — et la deuxième chasse prend vingt minutes au lieu d’une heure.
