🌿 Les astuces de grand-mère testées & approuvées Suivez-nous
Économies & Anti-gaspillage

Faire ses courses malin : la méthode du panier de grand-mère

Panier en osier rempli de légumes de saison à côté d'une liste de courses manuscrite

La semaine dernière, j’ai repris mon ticket de caisse au stylo rouge : 87,40 euros de courses, dont 19,60 euros d’articles qui ne figuraient pas sur ma liste. Un fromage « en promotion », deux paquets de biscuits, une bougie parfumée. Presque un quart du ticket parti dans des achats que je n’avais pas prévus, et dont, honnêtement, personne n’avait besoin à la maison.

Ce petit exercice, je vous le recommande avant toute chose. Parce que l’économie sur les courses ne se joue pas en traquant trois centimes sur les pâtes : elle se joue sur ce qui entre dans le caddie sans avoir été décidé. Et là-dessus, la méthode de nos grands-mères, panier en osier et liste au crayon, reste imbattable. Elle tient en quelques habitudes que voici, remises au goût du jour.

Tout commence la veille, devant les placards

Avant d’écrire la moindre liste, ouvrez le réfrigérateur et les placards. C’est le geste que faisait ma grand-mère chaque samedi soir : on cuisine d’abord ce qu’on a. Ce reste de riz appelle des légumes pour une poêlée, ces trois œufs une quiche, ce fond de lentilles une soupe. La moitié des courses inutiles vient de doublons, on rachète de la moutarde alors qu’il en reste deux pots derrière les conserves.

Ensuite, posez les menus de la semaine sur un papier. Pas besoin d’un tableau sophistiqué : cinq dîners suffisent, pas sept. Il y aura toujours un reste à finir, une invitation, une soirée tartines. Prévoir sept repas complets, c’est la garantie de jeter le septième. Ceux qui aiment cuisiner en une fois trouveront leur bonheur dans la grande cuisson du dimanche, ce « batch cooking » que nos grands-mères pratiquaient déjà.

La liste, et rien que la liste

De ces menus découle la liste, et je vous conseille de la classer par rayon : fruits et légumes, crèmerie, épicerie, entretien. On traverse le magasin une seule fois, sans zigzag, et chaque zigzag évité est une tentation de moins. Les études des distributeurs le savent bien : plus on passe de temps en rayon, plus le ticket gonfle.

Deux règles complètent la liste. La première : ne jamais partir le ventre vide, tout paraît appétissant quand on a faim, surtout ce qui est gras et sucré. La seconde, ma préférée : l’envie non prévue va sur la liste de la semaine suivante, pas dans le caddie. Si l’envie survit sept jours, c’était un vrai besoin. Neuf fois sur dix, elle ne survit pas.

Liste de courses classée par rayon posée devant un placard de bocaux
Une liste classée par rayon : une seule traversée du magasin, zéro zigzag.

La saison, le levier le plus puissant du panier

Un même légume peut varier du simple au triple selon le moment de l’année. Des tomates en janvier coûtent cher, viennent de loin et n’ont pas de goût ; les mêmes en août sont abordables et parfumées. Fraises d’avril contre fraises de juin, courgettes de mars contre courgettes de juillet : le calendrier des saisons est le premier outil d’économie, avant toute application et toute carte de fidélité.

Le bonus, c’est que les produits de saison abondent au moment où l’on peut les transformer : ratatouille en bocaux l’été, soupes de courge l’automne. Et quand les légumes sont beaux et pas chers, tout se cuisine, y compris ce qu’on jette d’habitude : les fanes et les épluchures font des merveilles, du pesto de fanes de radis au bouillon maison.

Le marché en fin de matinée, le vrac avec discernement

Le marché a ses heures. Vers 12 h 30, quand les étals se vident et qu’il ne reste que des cageots entamés, beaucoup de maraîchers préfèrent baisser leurs prix plutôt que de recharger la camionnette. Un cageot de tomates un peu mûres à petit prix, c’est la sauce de la semaine et deux bocaux d’avance. On n’ose pas toujours demander ; demandez. Un simple « qu’est-ce que vous me feriez sur le cageot ? » fait rarement mauvais effet à cette heure-là.

Le vrac, lui, mérite un mot de prudence, car c’est une idée reçue tenace : il n’est pas automatiquement moins cher. Pour les légumineuses, les pâtes, le riz, les prix au kilo dépassent parfois ceux des paquets classiques. Le vrai avantage du vrac est ailleurs : acheter exactement la quantité nécessaire, 100 g de noix pour un gâteau plutôt qu’un sachet qui rancira. Comparez toujours le prix au kilo, et achetez au poids juste.

Étal de marché en fin de matinée avec des cageots de légumes mûrs à prix réduits
Vers 12 h 30, les cageots entamés se négocient volontiers.

Déjouer les pièges des rayons

Le supermarché est une machine à faire acheter, et la connaître désamorce l’essentiel :

  • Le niveau des yeux porte les produits les plus margés. Baissez-vous : le bas des rayons cache souvent les mêmes produits, moins chers.
  • Les têtes de gondole ne signalent pas forcément une promotion, juste une mise en avant payée par la marque.
  • Le prix au kilo ou au litre, en petit sur l’étiquette, est la seule comparaison honnête entre deux formats.
  • Le format familial n’est pas toujours avantageux : il m’est arrivé de payer le maxi-paquet plus cher au kilo que le petit. Vérifiez à chaque fois.
  • Les indispensables (lait, œufs, farine) sont placés au fond du magasin, pour vous faire tout traverser. Allez-y droit.
Le truc de Colette : au dos de ma liste, je tiens ma petite mercuriale : le prix habituel des dix produits que j’achète chaque semaine, beurre, œufs, café, farine et compagnie. Quand une « promo » s’affiche, je sais en trois secondes si elle en est une. La moitié du temps, non.

Toutes ces habitudes se renforcent les unes les autres : les menus nourrissent la liste, la liste discipline le caddie, la saison allège l’addition. Vous trouverez le reste de ma panoplie dans la rubrique économies et anti-gaspillage.

Vos questions sur les courses malines

Le drive fait-il vraiment économiser ?

Souvent, oui, et pas grâce aux prix : parce qu’on n’erre pas dans les rayons. On voit le total grimper en direct, on retire un article en un clic. Pour les achats impulsifs, c’est un garde-fou redoutable.

Une grosse course par semaine ou plusieurs petites ?

Une grande course hebdomadaire, complétée d’un seul passage pour le frais si besoin. Chaque entrée en magasin est une occasion d’achats imprévus : moins on y va, moins on dérape.

Les marques de distributeur valent-elles les grandes marques ?

Pour les produits de base (farine, sucre, conserves, pâtes), la différence de qualité est le plus souvent négligeable et l’écart de prix considérable. Testez produit par produit et gardez la grande marque uniquement là où votre palais fait vraiment la différence.

Portrait de Colette Marchand
L'autrice
Colette Marchand

Passionnée d'astuces de grand-mère depuis toujours, Colette a grandi entre les bocaux de conserves de sa grand-mère Jeanne et le savon de Marseille de sa maman. Depuis plus de quarante ans, elle teste, note et peaufine les trucs du quotidien qui marchent vraiment : ménage au naturel, cuisine anti-gaspillage, jardin nourricier et petites économies pleines de bon sens. Sur Astuces Trucs, elle ouvre son carnet de famille et le complète au fil de ses essais — une astuce à la fois, toujours vérifiée dans sa propre maison.

Tous ses articles →