🌿 Les astuces de grand-mère testées & approuvées Suivez-nous
Économies & Anti-gaspillage

L’eau chaude, ce poste qu’on oublie de regarder

Pommeau de douche chromé au-dessus d'une baignoire, serviettes pliées sur un tabouret en bois

Sortez votre dernière facture d’électricité. L’eau chaude sanitaire y pèse en général entre 11 et 15 % de la consommation d’un logement, davantage dans une maison tout-électrique où l’on aime les douches longues. C’est le troisième poste après le chauffage et le froid alimentaire, et personne ne le regarde jamais.

Normal : le ballon vit dans un placard, il chauffe la nuit sans bruit. Il a fallu qu’un plombier ouvre la trappe chez moi pour que je découvre un thermostat réglé à fond depuis des années. Voici les questions qu’on me pose le plus souvent, avec des réponses chiffrées.

Combien coûte une douche, en euros ?

Un pommeau standard débite 12 litres par minute. Dix minutes, c’est 120 litres à monter d’environ 12 °C (l’eau du réseau) à 38 °C : près de 3,5 kWh, soit à peu près 0,90 € au tarif courant, plus 0,50 € pour l’eau elle-même. On arrive à 1,20 à 1,40 € la douche.

La même, ramenée à cinq minutes avec une douchette économe à 7 litres/minute : 35 litres, environ 1 kWh, 0,40 € tout compris. Près d’un euro d’écart par passage sous la douche. Multipliez par le nombre de personnes et par 365 : même en restant prudent, plusieurs centaines d’euros par an pour un foyer de quatre. C’est le raisonnement des gestes qui pèsent vraiment sur la facture d’électricité : ce sont les usages quotidiens qui font la somme.

À quelle température régler le ballon ?

Entre 55 et 60 °C. Ni plus, ni moins, et ce n’est pas une fourchette de confort.

En dessous de 55 °C, l’eau qui stagne dans une cuve de 200 litres devient un milieu où des bactéries peuvent se développer : les recommandations techniques fixent ce minimum, il n’est pas négociable pour gagner trois euros. Au-dessus de 60 °C, vous ne gagnez rien non plus : le calcaire se dépose plus vite sur la résistance et les pertes augmentent avec chaque degré.

Pour y accéder : coupez le disjoncteur du chauffe-eau, ouvrez la trappe en bas de la cuve, la molette est là — souvent graduée en repères plutôt qu’en degrés. Repère médian-haut, c’est en général la bonne zone. Vérifiez ensuite au robinet le plus proche, un matin, avant tout puisage. Et si de jeunes enfants vivent chez vous, un mitigeur thermostatique réglé à 50 °C au point de puisage règle la question des brûlures sans toucher au ballon.

Le ballon chauffe-t-il en permanence ?

Non : il chauffe jusqu’à la consigne, se coupe, puis se relance quand la température redescend — car une cuve perd de la chaleur en continu, même robinets fermés. Ce sont les pertes statiques : 0,5 kWh par jour pour un modèle récent, jusqu’à 2 kWh pour un vieux ballon dans un garage froid — près de 180 € par an, dans le pire des cas, pour de l’eau que personne n’utilise.

Si vous êtes en heures creuses, vérifiez que le contacteur jour/nuit est bien sur automatique et non forcé en marche permanente : c’est l’erreur classique après un dépannage. Pour les départs, inutile de couper un week-end ; à partir de trois ou quatre jours, oui, coupez le disjoncteur et laissez remonter à 60 °C au retour.

Mousseurs et douchette économe : gadget ou vraie économie ?

Vraie économie, et le meilleur rapport euros dépensés / euros gagnés de toute cette page.

  • Le mousseur (ou aérateur) se visse au bout du robinet et mélange de l’air à l’eau : le jet paraît identique, le débit passe de 12 à 6 litres/minute. Coût : 3 à 8 € pièce.
  • La douchette économe fait la même chose en plus gros, entre 15 et 30 €, rentabilisée en quelques semaines.

Deux pièges. Le filetage d’abord : mousseurs mâles, femelles, plusieurs diamètres — dévissez l’ancien à la main (ou à la pince avec un chiffon pour ne pas marquer le chrome) et emportez-le au magasin. La limite ensuite : sur un chauffe-eau instantané au gaz ancien, réduire le débit peut empêcher l’allumage du brûleur. Si l’eau chaude devient capricieuse après la pose, retirez la douchette, c’est de là que ça vient.

Mousseur en laiton que l'on visse au bout d'un robinet chromé, ancien mousseur entartré posé à côté
Trois à huit euros, deux minutes de pose : le mousseur divise le débit du robinet par deux sans qu’on sente la différence.

Isoler les tuyaux, ça change quelque chose ?

Oui, mais seulement là où c’est utile — on vend beaucoup de gaines à des gens qui n’en ont pas besoin. Un tuyau qui traverse une pièce chauffée ne perd rien d’intéressant, la chaleur reste dans la maison. Un tuyau nu dans un garage ou une cave, lui, chauffe consciencieusement un local que personne n’occupe. Ce sont ces mètres-là, plus les deux premiers à la sortie du ballon.

La gaine mousse fendue coûte 1,50 à 3 € le mètre. Elle se pose à la main, se referme sur elle-même, un tour de ruban toilé aux jonctions : vingt minutes de travail. Si le ballon est lui aussi dans un local froid, une couverture isolante existe — mais ne bouchez jamais la trappe du thermostat ni le groupe de sécurité.

Comment écourter la douche sans se sentir puni ?

Le minuteur sur le rebord fonctionne trois jours, puis agace tout le monde. Ce qui tient dans la durée :

  • lancer une chanson en entrant — quatre minutes, on sait où on en est sans regarder l’heure ;
  • couper l’eau pendant le savonnage sans toucher au mitigeur, pour retrouver la même température ensuite ;
  • poser un seau sous le jet le temps que l’eau chaude arrive : cette eau froide arrose très bien les plantes, comme les autres réflexes de récupération à la maison.

Et le bain ? 150 à 200 litres contre 60 pour une douche courte : un plaisir de dimanche, pas une routine du mardi soir.

Quelles sont les fausses bonnes idées ?

« Je baisse le ballon à 45 °C, j’économise. » Quelques euros gagnés contre un risque sanitaire dans la cuve : c’est le seul point de cette page sur lequel je ne transige pas.

« Je coupe le chauffe-eau tous les soirs. » Inutile s’il est déjà piloté en heures creuses : il chauffera au moment le moins cher de toute façon, et vous risquez l’eau froide un matin. D’autres croyances tenaces du même genre traînent dans la rubrique économies et anti-gaspillage.

Le petit exercice qui vaut tous les conseils

Avant un week-end, notez l’index de votre compteur électrique sans rien couper. Relevez-le au retour, soustrayez le frigo et la box (environ 1,5 kWh par jour à eux deux) : ce qui reste, c’est de l’eau chaude que personne n’a utilisée, produite pour le seul plaisir de refroidir dans un placard. C’est ce chiffre-là, jamais un article, qui décide les gens à acheter deux mètres de gaine mousse.

Portrait de Colette Marchand
L'autrice
Colette Marchand

Passionnée d'astuces de grand-mère depuis toujours, Colette a grandi entre les bocaux de conserves de sa grand-mère Jeanne et le savon de Marseille de sa maman. Depuis plus de quarante ans, elle teste, note et peaufine les trucs du quotidien qui marchent vraiment : ménage au naturel, cuisine anti-gaspillage, jardin nourricier et petites économies pleines de bon sens. Sur Astuces Trucs, elle ouvre son carnet de famille et le complète au fil de ses essais — une astuce à la fois, toujours vérifiée dans sa propre maison.

Tous ses articles →