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Économies & Anti-gaspillage

Rentrée scolaire : dépenser moins sans frustrer les enfants

Cartable et fournitures scolaires étalés sur une table en bois avant la rentrée

Une lectrice, Martine, m’a écrit une phrase que je garde depuis : « J’ai fait l’inventaire du bureau avant d’aller au supermarché. J’ai économisé 70 € sans rien acheter d’occasion et sans que mes enfants s’aperçoivent de quoi que ce soit. » Soixante-dix euros. Simplement parce qu’elle a regardé ce qu’elle avait déjà.

Les relevés annuels des associations de familles tournent autour de 200 à 250 € de fournitures pour une entrée en sixième, cartable et sac de sport compris. Multipliez par deux ou trois enfants et vous comprenez pourquoi le mois d’août pèse si lourd. La bonne nouvelle, c’est qu’une grosse moitié de cette somme se joue sur des décisions prises avant même de mettre un pied dans un magasin.

1. L’inventaire, avant tout le reste

C’est l’étape que tout le monde saute, et c’est de très loin la plus rentable. Un samedi matin, on vide tout sur la table de la cuisine : cartables de l’an dernier, trousses, tiroir du bureau, fond du placard de l’entrée.

On trie en tas par catégorie : stylos bille, crayons, colles, règles, cahiers, classeurs. Le résultat est toujours le même — une dizaine de stylos qui écrivent encore, trois règles, deux paires de ciseaux, des cahiers à moitié vierges. On teste, on jette ce qui est mort, et on écrit noir sur blanc la liste de ce qu’on possède.

Ensuite seulement, on sort la liste de l’école et on barre. Ce qui reste, c’est votre vraie liste de courses. Chez moi, elle fait souvent un tiers de la liste initiale.

Fournitures de l'an dernier triées en tas sur la table : stylos, règles, cahiers entamés
L’inventaire d’abord : on trie par catégorie, on teste, et on barre sur la liste de l’école tout ce qu’on possède déjà.

2. Remettre à neuf plutôt que racheter

Un peu de manutention un dimanche après-midi, et beaucoup de matériel repart pour un an.

  • Les cahiers entamés : détachez proprement les pages écrites, il vous reste un cahier de brouillon parfaitement valable — et le brouillon, c’est ce qui se consomme le plus vite dans l’année.
  • Les classeurs : un coup d’éponge savonneuse sur la couverture, une gomme blanche sur les marques de stylo, des intercalaires neufs à 1,50 € et il a l’air neuf.
  • Les trousses : en machine à 30 °C dans un filet à linge, avec une serviette pour amortir. Séchage à plat, à l’ombre. Elles ressortent transformées.
  • Les feutres qui ne marchent plus : trempez la pointe cinq minutes dans un fond d’eau tiède. Un feutre à encre à l’eau sur deux repart pour plusieurs semaines. Ceux à alcool, en revanche, sont bel et bien finis.
  • Les protège-cahiers : ils durent des années. On les lave à l’éponge et on les réutilise, en changeant simplement la couleur si la matière change de classe.
  • Les feuilles simples et doubles : rassemblez les fonds de paquets, alignez-les, et vous récupérez souvent une demi-ramette.

3. Acheter au bon moment, pas dans la panique

La règle d’or : n’achetez rien de spécifique avant d’avoir la liste du professeur. Chaque année, des familles se retrouvent avec des classeurs grand format alors qu’il fallait des cahiers 24 × 32, et avec un ticket de caisse qui a deux mois.

Ce que l’on peut acheter à l’avance sans risque, ce sont les consommables intemporels : stylos bille, crayons à papier, colle, feuilles simples. Le meilleur moment pour ceux-là, c’est fin septembre et octobre, quand les rayons papeterie sont bradés pour laisser la place aux jouets de Noël. J’achète mes cahiers de l’année suivante à ce moment-là, à moitié prix.

Méfiez-vous des « kits de rentrée » tout prêts : très pratiques, souvent 20 à 30 % plus chers que les mêmes articles pris à l’unité, et ils contiennent toujours trois choses dont vous n’avez pas besoin.

4. Acheter en gros, à plusieurs

C’est là que se trouve la deuxième grosse économie, et elle demande juste un coup de fil.

Une boîte de 50 stylos bille coûte moins cher que deux blisters de 4. Un lot de 10 cahiers, une ramette de 500 feuilles, une boîte de 12 bâtons de colle : sur ces formats, le prix à l’unité chute de 30 à 50 %. Sauf que personne n’a besoin de 50 stylos.

Alors on se met à trois familles. Une personne commande, on partage sur la table de la cuisine, chacun rembourse sa part. Renseignez-vous aussi auprès de l’association de parents d’élèves : beaucoup organisent une commande groupée en juin, avec des tarifs de collectivité imbattables et la liste déjà calée sur celle des enseignants. Et regardez du côté de vos voisins, dont les enfants ont deux ans de plus : les classeurs et les compas de sixième dorment souvent dans leur grenier. Demander ne coûte rien, et ça fait souvent plaisir.

Boîte de stylos en gros et pile de cahiers répartis en trois lots sur une table
La boîte de 50 stylos partagée entre trois familles : le prix à l’unité chute de moitié.

5. Où la marque compte, où elle ne compte pas

Le premier prix n’est pas toujours une économie. Un cahier à papier trop fin que le stylo transperce, une colle qui ne colle rien, une gomme qui étale au lieu d’effacer : l’enfant s’énerve et vous rachetez en novembre. Donc on choisit.

Là où je mets le prix : la colle en bâton (les premiers prix sèchent en trois semaines), les ciseaux, le stylo plume et ses cartouches, le compas — un compas en métal se garde dix ans, un compas en plastique une saison —, la calculatrice imposée au collège, et le sac.

Là où la marque ne change rien : cahiers, feuilles, pochettes plastiques, chemises cartonnées, surligneurs, crayons de couleur ordinaires, ardoise, règle plate. Prenez la marque repère du magasin, personne ne verra la différence, l’enfant le premier.

Un détail qui n’en est pas un : étiquetez tout au marqueur indélébile, jusqu’au capuchon du stylo plume. Ce ne sont pas les achats qui coûtent le plus cher dans l’année, ce sont les pertes.

6. Le cartable : le poste où l’on gagne le plus

Entre 30 et 80 €, c’est la ligne la plus lourde du budget. L’objectif n’est donc pas de le payer moins cher, mais de le garder trois ou quatre ans.

Ce qu’il faut regarder en magasin : des bretelles larges et rembourrées, cousues et non collées ; un fond rigide ; des coutures doublées aux points de tension ; une fermeture éclair à gros maillons, de loin la première pièce à lâcher. Avant d’en racheter un, tentez la réparation : une fermeture qui coince se débloque souvent avec un peu de savon sec ou de mine de crayon sur les dents, et un cordonnier recoud une bretelle pour une dizaine d’euros.

La seconde main marche très bien sur les sacs de marque solides, à condition de vérifier les bretelles et le fond avant d’acheter — les bons réflexes de l’achat d’occasion valent aussi pour ça.

Cartable solide en cuir avec bretelles larges et fermeture éclair à gros maillons
Bretelles cousues, fond rigide, gros maillons : les trois points qui décident si le sac tiendra trois ans ou un seul.

7. Et pour que les enfants ne se sentent pas privés

Voilà le vrai sujet. Un enfant ne fait pas la différence entre deux marques de pochettes plastiques, mais il la fait entre « on n’a pas les moyens » et « on choisit où on met l’argent ». C’est une question de façon de dire, et de place laissée à son goût.

Ce qui fonctionne chez nous et chez beaucoup de familles qui m’écrivent :

  • laisser choisir librement deux ou trois objets « plaisir » — la trousse, le cahier de textes, les feutres —, le reste étant du générique. Ce sont ceux qu’on voit et qu’on montre aux copains ;
  • donner une enveloppe avec un montant défini et l’emmener faire les courses avec : ce qu’il ne dépense pas, il le garde. L’arbitrage devient le sien, et c’est fou comme le sac à 60 € devient soudain discutable. C’est la méthode des enveloppes appliquée à hauteur d’enfant ;
  • personnaliser le matériel récupéré : des autocollants, du papier adhésif, une étiquette écrite au feutre. Un classeur de l’an dernier recouvert par ses soins devient son classeur, pas un vieux classeur.

Je repense à mes propres rentrées, avec mon cartable en cuir qui a servi à mon frère avant moi, et un plumier en bois lustré par les années. Je n’ai jamais eu le sentiment qu’il me manquait quelque chose : ma grand-mère avait passé la veille à coudre une étiquette à mon nom sur chaque affaire. C’est cela, au fond, que les enfants retiennent — le soin qu’on met à préparer leur rentrée, bien plus que le prix des cahiers. D’autres pistes pour alléger l’année vous attendent dans la rubrique économies et anti-gaspillage.

Portrait de Colette Marchand
L'autrice
Colette Marchand

Passionnée d'astuces de grand-mère depuis toujours, Colette a grandi entre les bocaux de conserves de sa grand-mère Jeanne et le savon de Marseille de sa maman. Depuis plus de quarante ans, elle teste, note et peaufine les trucs du quotidien qui marchent vraiment : ménage au naturel, cuisine anti-gaspillage, jardin nourricier et petites économies pleines de bon sens. Sur Astuces Trucs, elle ouvre son carnet de famille et le complète au fil de ses essais — une astuce à la fois, toujours vérifiée dans sa propre maison.

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