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Économies & Anti-gaspillage

Réduire sa facture d’électricité : les gestes qui pèsent vraiment

Cuisine rustique le soir avec casserole couverte, multiprise à interrupteur et lampe LED

Une centaine d’euros par an. C’est, selon l’ADEME, ce que coûtent en moyenne les appareils laissés en veille dans un foyer français. De l’électricité consommée pour, littéralement, ne rien faire. Et ce n’est qu’un poste parmi d’autres : entre le frigo givré, les cycles de lavage à 60 °C par habitude et les casseroles qui chauffent à découvert, la facture s’alourdit par petites fuites invisibles.

Je ne vais pas vous proposer de vivre à la bougie. Ce qui m’intéresse, ce sont les gestes qui pèsent vraiment, chiffres à l’appui, classés du plus rentable au plus anecdotique. Certains demandent trente secondes, d’autres une habitude à prendre. Aucun ne demande d’investissement au-delà d’une multiprise.

Traquer les veilles : le gain le plus facile

Box internet, téléviseur, décodeur, console, imprimante, machine à café avec horloge : additionnées, ces veilles représentent souvent une cinquantaine d’appareils dans un logement moderne, et jusqu’à 10 % de la consommation d’électricité hors chauffage. La box internet est la championne toutes catégories : allumée jour et nuit, elle consomme sur l’année autant qu’un lave-linge.

La parade tient en un objet à trois euros : la multiprise à interrupteur. J’en ai installé une derrière la télévision (téléviseur, décodeur, barre de son) et une au coin bureau (imprimante, chargeurs, lampe). Un geste du pouce le soir, et tout ce petit monde cesse de grignoter. Deux exceptions raisonnables : le congélateur, évidemment, et les appareils qui perdent leurs réglages à chaque coupure.

Pour savoir où frapper chez vous, un wattmètre de prise (une quinzaine d’euros, et certaines médiathèques ou espaces info-énergie en prêtent) mesure la consommation réelle de chaque appareil. J’ai eu ma surprise : ma vieille chaîne hi-fi tirait plus en veille que le frigo en marche. Elle est désormais sur multiprise, elle aussi.

Le lavage : froid, éco et machines pleines

Dans un lave-linge, ce n’est pas le tambour qui coûte cher, c’est le chauffage de l’eau : il représente jusqu’à 80 % de la consommation d’un cycle. Passer de 60 °C à 30 °C divise grosso modo la dépense par deux, et les lessives actuelles lavent très bien à froid le linge de tous les jours. Je réserve les cycles chauds aux draps, aux serviettes et au linge de corps, une fois par mois environ, ce qui tombe bien : c’est aussi le rythme idéal pour garder un beau blanc.

Le programme « éco » mérite qu’on lui fasse confiance, même s’il paraît absurdement long. Il chauffe moins et compense par un temps de trempage prolongé : jusqu’à 45 % d’économie par rapport à un cycle intensif. Enfin, attendez que le tambour soit plein, sans le bourrer : deux demi-machines coûtent plus cher qu’une pleine. Et le sèche-linge, gros consommateur devant l’éternel, se remplace six mois par an par un fil et des pinces.

Multiprise à interrupteur coupant les veilles des appareils du salon
Un geste du pouce le soir, et les veilles cessent de grignoter.

En cuisine : le couvercle, la bouilloire et la chaleur résiduelle

Le geste le plus rentable de toute la cuisine tient dans un objet que vous possédez déjà : le couvercle. Une casserole d’eau couverte demande environ quatre fois moins d’énergie pour arriver à ébullition qu’à découvert, et elle y arrive deux fois plus vite. Depuis que j’ai pris le pli, l’eau des pâtes démarre aussi à la bouilloire, plus efficace que la plaque pour chauffer l’eau.

Bouilloire qui, au passage, doit rester détartrée pour rester sobre : une résistance couverte de calcaire chauffe plus lentement et consomme davantage. La méthode douce est dans mon article sur le détartrage naturel de la bouilloire.

Côté four, deux réflexes : le préchauffage n’est indispensable que pour les pâtisseries, un gratin ou un rôti s’accommodent très bien d’un four qui monte en température avec eux ; et vous pouvez éteindre 5 à 10 minutes avant la fin de cuisson, la chaleur résiduelle termine le travail porte fermée. Évitez simplement d’ouvrir la porte toutes les cinq minutes : chaque ouverture fait chuter la température de 20 degrés ou presque.

Le froid : dégivrage, joints et bons réglages

Le réfrigérateur et le congélateur tournent 24 heures sur 24 : le moindre défaut se paie en continu. Quatre points à vérifier :

  • Le givre : à partir de 3 millimètres d’épaisseur, la surconsommation atteint 30 %. Un dégivrage dès que la couche se voit, deux à trois fois par an en pratique, et l’affaire est réglée.
  • Les joints : glissez une feuille de papier dans la porte fermée. Si elle coulisse sans résistance, le joint fuit, et le froid aussi.
  • Les réglages : 4 à 5 °C dans le frigo, −18 °C au congélateur. Chaque degré en dessous coûte environ 5 % de consommation en plus, pour rien.
  • L’emplacement : éloignez l’appareil du four et du radiateur, laissez l’air circuler derrière, et dépoussiérez la grille arrière une fois par an.

Dernier réflexe : jamais de plat chaud directement au frigo. On le laisse tiédir sur le plan de travail, le compresseur vous dira merci. Tous ces petits soins prolongent d’ailleurs la vie des appareils autant qu’ils allègent la facture ; j’y reviens en détail dans mon article sur comment faire durer ses appareils ménagers.

Vérification du joint de porte d'un réfrigérateur avec une feuille de papier
Si la feuille coulisse sans résistance, le joint laisse fuir le froid.

Heures creuses : payer la même électricité moins cher

Si votre contrat comporte des heures creuses (regardez votre facture ou l’application de votre fournisseur, les plages y sont indiquées noir sur blanc), le kilowattheure y coûte environ 20 % de moins. L’astuce consiste à y déplacer les gros consommateurs programmables : lave-linge, lave-vaisselle et surtout chauffe-eau, qui devrait être basculé sur ces plages par votre compteur.

Le départ différé, cette touche que personne ne regarde sur les machines, sert exactement à ça. Je charge le lave-vaisselle après le dîner, départ programmé à 23 heures, et il travaille au tarif réduit pendant que je dors. Attention tout de même : ne faites pas tourner le sèche-linge la nuit quand la maison dort, mieux vaut réserver les appareils à résistance chauffante aux moments où l’on est éveillé, par simple prudence.

Le truc de Colette : j’ai scotché sur le compteur une petite étiquette avec mes horaires d’heures creuses, relevés une fois pour toutes sur ma facture. Toute la famille les connaît désormais, et plus personne ne lance le lave-vaisselle à 19 heures, en pleine heure pleine. Un bout de papier qui économise de vrais euros.

Ces gestes se cumulent : plusieurs centaines de kilowattheures par an pour un foyer qui part de zéro, sans confort sacrifié. L’hiver venu, le gros morceau reste le chauffage, qui mérite son propre plan de bataille : je l’ai raconté dans mes astuces pour économiser le chauffage sans grelotter. Et vous trouverez toutes mes chasses au gaspillage dans la rubrique économies et anti-gaspillage.

Vos questions sur la facture d’électricité

Faut-il éteindre la box internet la nuit ?

C’est possible et sans danger pour l’appareil : une prise programmateur fait ça très bien. Comptez une vingtaine d’euros d’économie par an. Vérifiez seulement que rien ne dépend de votre wifi la nuit, comme un téléphone fixe branché sur la box ou une alarme connectée.

Les ampoules LED valent-elles vraiment le coût ?

Oui, sans discussion. Une LED consomme près de dix fois moins qu’une ancienne ampoule à incandescence et dure des années. Remplacez en priorité les ampoules des pièces les plus éclairées, le retour sur investissement se compte en mois.

Le mode éco du lave-vaisselle lave-t-il aussi bien ?

Pour la vaisselle du quotidien, oui. Il lave à température plus basse mais plus longtemps. Gardez le programme intensif pour les plats vraiment incrustés, et grattez les assiettes au lieu de les rincer sous le robinet avant de les charger : ce prérinçage-là gaspille l’eau chaude pour rien.

Portrait de Colette Marchand
L'autrice
Colette Marchand

Passionnée d'astuces de grand-mère depuis toujours, Colette a grandi entre les bocaux de conserves de sa grand-mère Jeanne et le savon de Marseille de sa maman. Depuis plus de quarante ans, elle teste, note et peaufine les trucs du quotidien qui marchent vraiment : ménage au naturel, cuisine anti-gaspillage, jardin nourricier et petites économies pleines de bon sens. Sur Astuces Trucs, elle ouvre son carnet de famille et le complète au fil de ses essais — une astuce à la fois, toujours vérifiée dans sa propre maison.

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